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The Player's corner: "je croyais que j'étais maudit"

Chimel Kiala Vita est un joueur de futsal d'origine congolaise, qui évolue en France au Kremlin-Bicêtre United comme attaquant. Chimel a eu une carrière longue, avec des hauts et des bas, inscrivant des tonnes de buts et remportant de nombreux trophées. Il souhaite désormais transmettre sa passion aux plus jeunes. Lisez son histoire à travers ses propres mots.

Chimel Kiala Vita with KB United jersey on

Chimel Kiala Vita

Futsal, attaquant

Congo, Kremlin-Bicêtre United

"Je n’aime pas beaucoup parler de moi. Me mettre en avant. C’est pas mon truc. Mais j’adore le Futsal, mon sport et j’aime en parler. Je m’appelle Chimel Kiala Vita. J’ai commencé le futsal en 2000 à l’Union Sportive d’Ivry, près de Paris. Le futsal n’en n’était qu’à ses débuts en France. En 2004, nous avons atteint la finale de la Coupe que nous avons perdue, mais j’ai terminé meilleur buteur du tournoi avec 13 buts. C’est ma première finale perdue. Jusqu’en 2007, j’ai perdu quatre finale. J’ai cru que j’étais maudit...

Mais les choses ont commencé à changer. Il y a eu un tournant dans ma vie. En 2005, j’ai perdu mon père. Il était mon mentor. J’ai commencé à jouer au football grâce à lui. Il était joueur professionnel congolais. Il a joué à Gil Vicente au Portugal. Il était passionné de football. Il était toujours derrière moi. Le foot, c’était notre lien. Je l’admirais.

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Il est décédé à l’hôpital, j’étais avec lui quand ça s’est passé. J’étais dévasté mais j’ai compris très vite que j’avais une nouvelle responsabilité dans ma famille, vis à vis de ma mère, mes frères et mes soeurs. L’année qui a suivi a été très dure, j’étais perdu. Mais je me suis accroché et le futsal a été mon havre de paix, mon lieu de liberté, l’endroit où je savais que je retrouvais mes coéquipiers, mes amis.

Chimel Kiala Vita in action with his futsal club, KB United

Cette période m’a poussé à grandir, à devenir un homme. Ca a forgé mon caractère. Ca a déclenché quelque chose en moi. Deux années plus tard, j’ai enfin gagné un titre, la Coupe de France avec Issy futsal. Cette même année nous avons participé à la Ligue des Champions, une expérience fantastique. En 2009 j’ai rejoint le Kremlin-Bicêtre United, le “KB”. Dans l’intervalle, le futsal s’est structuré en France. Le championnat de France a démarré en 2010 et nous l’avons remporté immédiatement.

Ca nous a conduit au tour préliminaire de la Ligue des champions, en Islande. Nous n’étions pas favoris, nous n’étions peut-être même pas la meilleure équipe. Le PSV Eindhoven était dans notre groupe, avec des internationaux néerlandais. Mais nous avons tout donné, nous avons joué en équipe, comme un groupe de potes, on a rien lâché. Et nous avons réussi, nous avons remporté le groupe au goal average et nous nous sommes qualifiés pour le tour principal/ C’est sans doute notre meilleure performance et pour moi aussi sur un plan personnel : j’ai inscrit 17 buts dans ce tournoi, ce qui constitue toujours un record en Europe.

Il semblait bien que tout était sur des rails pour moi, finalement. Mais la vie est parfois cruelle. En 2012, j’ai eu un autre décès dans ma famille. Ma petite soeur, qui avait 20 ans, est décédée. Un moment terrible pour ma famille. Ma mère avait perdu son mari quelques années plus tôt, un chagrin immense évidemment. Mais perdre un enfant, c’est quelque chose qui ne devrait jamais arriver… Pour moi, c’était ma petite soeur, celle qui suivait mes traces, celle que je protégeais.

J’ai réussi à rester debout, à ne pas craquer, grâce à ma foi. A partir de ce moment-là, il ,’est apparu que je devais faire encore plus, pour honorer la mémoire de mon père et de ma soeur. Alors j’ai continué, j’ai marqué plus de buts, j’ai empilé les trophées : j’ai gagné cinq coupes et trois championnats, j’ai marqué 43 buts en 2014 soit le deuxième meilleur total en Europe, j’ai marqué 26 buts en 21 rencontres en compétitions européennes... Je suis fier de mes succès même si je n’aime pas le crier sur tous les toits. Je garde mes sentiments enfouis en moi, je suis comme ça. Mais sur le terrain, je donne tout.

Désormais je suis plus proche de la fin de ma carrière de joueur. Et je ressens le besoin de partager mon expérience avec les plus jeunes. Je veux entraîner des enfants, leur servir en un sens. Je veux les aider à grandir comme le futsal m’a aidé à grandir. Mon souhait est de leur faire bénéficier de ma passion et mon vécu. Exactement comme mon père l’a fait avec moi il y a des années.

J’ai un projet pour y parvenir, qui verra bientôt le jour. Pour le moment je n'en dévoile pas plus tant que rien n'est concrétisé mais j'espère pouvoir le faire le plus vite possible...

Chimel Kiala Vita scoring for his Futsal club, Kremlin-Bicetre United